Bébé et plagiocéphalie – mon bébé a la tête plate !

Publié le Publié dans Ostéopathie et maternité, Ostéopathie et nourrissons

La plagiocéphalie positionnelle est une déformation du crâne qui se manifeste chez le nourrisson. Également appelée syndrome de la tête plate, elle est caractérisée par un aplatissement de l’arrière de la tête. Il peut être symétrique ou, plus souvent, asymétrique, visible chez le nouveau-né ou lors des premiers mois de la vie.

La plagiocéphalie s’explique par le fait que lors des premiers mois de la vie, le crâne est extrêmement malléable, les os sont encore minces et souples, et des changements de la forme du crâne peuvent survenir jusqu’à 1 an.

 

Les médecins sont souvent déroutés par les têtes plates, et la conduite à tenir peut-être floue et faire perdre un temps précieux pour que la tête de votre bambin redevienne toute ronde. Et pourtant, de plus en plus de bébés « occidentaux » présentent une tête plate, due aux conditions intra-utérines, à leur naissance ou à la position prolongée sur le dos.

 

Voici un article pour vous alerter sur les signes d’appels des déformations crâniennes, mais aussi et surtout c’est un article pour vous donner les conseils à mettre en place pour éviter toute déformation crânienne de votre bébé ou pour les limiter lorsqu’elles sont installées. Si votre bébé présente déjà une tête plate, les conseils suivants sont à adopter en parallèle d’un suivi ostéopathique.

 

 

1.      Les signes qui doivent interpeller

 

Qu’est-ce que la plagiocéphalie ?

Quand on parle de plagiocéphalie, on englobe en vérité les plagiocéphalies et les brachycéphalies positionnelles. Ces deux déformations sont dites positionnelles car c’est l’aboutissement de mauvaises postures et contraintes sur le crâne, par opposition aux craniosténoses.

Les craniosténoses sont de réelles plagiocéphalies organiques avec soudure prématurée d’une ou plusieurs sutures crâniennes, qui sont graves et relèvent de la chirurgie pédiatrique.

 

La plagiocéphalie positionnelle est une déformation crânienne apparaissant chez l’enfant durant la grossesse ou plus généralement dans les premières semaines de vie. Elle se caractérise par la présence d’un aplatissement asymétrique, sur l’arrière ou un coté de la tête. La tête prend une forme de parallélogramme avec une perte de symétrie du crâne (aplatissement d’un côté, proéminence de l’autre, perte de l’alignement des oreilles, front impacté).

Calculer la différence de longueur des deux diagonales (fronto-occipitale) du crâne permet de détecter et de suivre l’évolution des déformations :

  • Crâne normal: pas de différence de longueur des 2 diagonales
  • Premier stade: entre 0 et 6 mm de différence
  • Plagiocéphalie moyenne: < 8 mm de différence
  • Plagiocéphalie importante: > 12 mm de différence
  • Plagiocéphalie sévère: > 18 mm de différence

 

La brachycéphalie positionnelle, elle, est une déformation crânienne apparaissant aussi chez l’enfant durant la grossesse ou plus généralement dans les premières semaines de vie. La tête est large et peu profonde, avec un aplatissement de tout l’arrière du crâne, une boite crânienne montant à l’arrière.

Pour cette déformation, on peut aussi venir prendre différentes mesures du crâne : largeur L (au plus large de la tête) et profondeur P (du nez à l’arrière de la tête) pour calculer l’Indice Crânien :

  • L/P x 100
    • Crâne normal: 78% +/-2%
    • Brachycéphalie débutante: IC > 83
    • Brachycéphalie de moyenne importance: IC < 90
    • Brachycéphalie importante: IC > 95
    • Brachycéphalie sévère: IC > 100

 

Les conséquences d’une plagiocéphalie :

 

Voir sur le site Association Plagiocéphalie Info et Soutien

 

2.      Comment une plagiocéphalie s’installe ?

 

Les plagiocéphalies s’installent car le crâne du bébé est malléable : les différentes plaques osseuses qui le composent sont minces et souples, et séparées par les fontanelles (tissu mou membranaire). Cette malléabilité est utile lors de l’accouchement, et pour la bonne croissance du cerveau à l’intérieur du crâne lorsque bébé grandit. Le crâne du nouveau-né est donc fragile, c’est pour cela qu’il faut faire attention à ne pas appuyer trop fort sur les fontanelles !

Le crâne est donc malléable, déformable, mais les contraintes qu’il subit pendant la grossesse, lors de l’accouchement et les premières semaines de vie peuvent parfois le modeler, et des tensions peuvent y rester.

 

Lorsque les hémisphères cérébraux (le cerveau) se développent et augmentent de volume avec la croissance, ils viennent buter contre les os du crâne du bébé, et viennent, par l’intérieur, augmenter la croissance des os et modeler le crâne. Or, si les os et membranes crâniennes sont verrouillées et ne sont pas assez malléables, si le crâne est indéformable, le cerveau va prendre du volume là où il peut, et donc le crâne va s’agrandir de façon asymétrique et entrainer les fameuses plagiocéphalies.

Un peu comme pour les légumes qu’on fait pousser dans un moule carré, ils poussent dans un contenant inextensible et prennent alors sa forme.

 

3.      Les causes de la plagiocéphalie :

 

Les causes sont essentiellement mécaniques, et c’est l’accumulation de celles-ci qui provoquent des déformations plus ou moins importantes. Ces causes peuvent être présentes à tous les stades de développement de l’enfant :

  • Gestation: contraintes utérines pendant la grossesse (grossesse gémellaire, utérus bicorne, contractions prématurés, choc direct dans le ventre, chute de la maman, stress, …)
  • Naissance: travail long, dilatation du col difficile, sortie difficile, extraction instrumentale (forceps, ventouse), péridurale, césarienne.
  • Premières semaines et mois: torticolis, dodo et éveil toujours sur le dos, bébé immobilisé dans des coques trop dures, etc.

Voici des solutions simples pour éviter ou limiter l’évolution des plagiocéphalies.

Ces conseils sont à appliquer en complément d’un suivi ostéopathique régulier, voir de kinésithérapie s’il y a un torticolis. En cas de plagiocéphalie importante, l’orthèse crânienne (casque) est à envisager.

 

Quand et pourquoi consulter en ostéopathie :
  • Pendant la gestation, suivi de la femme enceinte : afin d’assurer une bonne mobilité du bassin pour le jour de l’accouchement, et assurer qu’il n’y ai pas de tensions trop importantes sur l’utérus et donc sur bébé.
  • Pour le bébé : l’ostéopathe est incontournable pour prévenir ou soigner les déformations crâniennes positionnelles du nourrisson.

Le nourrisson doit être vu rapidement – dès les 3 premières semaines afin d’agir au plus vite sur les causes qui bloqueraient la mobilité de la tête de l’enfant et afin que tout son corps puisse être contrôlé.

Plus l’enfant est pris en charge rapidement, plus le traitement est efficace.

L’ostéopathe favorise la libération des sutures et des membranes crâniennes afin que les différentes parties du crâne retrouve leur harmonie. Il vérifie aussi l’ensemble du corps du petit patient, pour qu’il puisse bouger à son aise, et qu’il ne prenne pas une position préférentielle en torsion, ou toujours dans les mêmes contraintes.

Une séance sur le bébé se fait toujours en douceur et toutes les techniques sont effectuées avec précision.

Votre ostéopathe est formée en ostéopathie pédiatrique, et en ostéopathie adaptée à la femme enceinte et au post-partum.

Combien de séance en ostéopathie ?

  • Si votre bébé présente une asymétrie peu importante, traitée avant 3 mois : prévoir de trois à cinq séances, espacées de quinze jours à un mois en fonction des cas.
  • Si votre bébé présente une forte asymétrie traitée après 3 mois, prévoir de six à dix séances selon son âge, l’importance de la déformation et son évolution.
  • Des contrôles réguliers après correction pourront se faire, pour suivre l’évolution de votre enfant.

 

 

4.      Prévenir et limiter les plagiocéphalies :

 

Quand bébé est là :

 

Ne pas laisser trainer un torticolis :

En cas de torticolis, il est impératif de s’en occuper, car la tête, toujours positionnée du même coté, va petit à petit se déformer. Il faut absolument résoudre les problèmes mécaniques qui empêchent la bonne rotation du cou de bébé.

  • Si votre petit ne tourne la tête que d’un coté, ou préférentiellement d’un coté, consultez un ostéopathe et / ou un kinésithérapeute.
  • Votre bébé doit pouvoir tourner la tête des deux cotés, avec la même amplitude, et ne doit pas avoir toujours la tête tournée préférentiellement du même coté.

 

Positionnement de votre bébé :

Dodo et éveil toujours sur le dos, bébé trop calé et comprimé dans des cosy, position où l’appui est toujours au même endroit sur l’arrière de la tête aboutissent à l’accumulation de tensions et d’appuis toujours au même endroit pour bébé et peuvent déclencher ou accentuer des déformations crâniennes.

Pour éviter cela ? diversifiez les positions de bébé, pendant les différents temps de la journée (sommeil / éveil) pour ne pas qu’il ait toujours les mêmes contraintes appliquées sur son crâne.

 

Alterner les positions de sommeil :

Il est important de respecter les consignes de couchage sur le dos pendant le sommeil, afin d’éviter les risques de mort subite du nourrisson. Mais cela aboutit à un appui prolongé toujours au même endroit. De plus, si bébé tourne ou penche sa tête toujours du même coté (torticolis ou non), cela entraine un appui asymétrique de la tête, et donc une plagiocéphalie asymétrique.

  • Veuillez à alterner les positions de sommeil en jouant sur différents stimuli: votre enfant aura plus tendance à regarder du côté de la maman si cododo, ou du côté de la lumière, des stimuli auditifs, etc. Alterner tête / pieds et inversement : une nuit bébé dort la tête d’un côté, l’autre les pieds à la place de la tête. Cela lui stimulera la rotation de la tête des deux cotés, et permettra de varier les contraintes sur son crâne.

Si votre bébé tourne la tête uniquement d’un côté, ou s’il a déjà une plagiocéphalie :

  • Vous pouvez mettre une cale, 2 à 3 cm, sous son matelas au niveau de la tête du côté où il tourne facilement, ou du coté bombé de sa tête (sous l’action de la gravité, le poids de sa tête lui fera tourner la tête du côté opposé).
  • Stimuler la rotation inverse pour éviter que le crâne s’aplatisse : lumière, jouets, entourage, sons.

 

 

Eviter les coques trop cocoonante lorsqu’il dort et en période d’éveil :

Eviter les coques style transat, siège voiture, cocon, matelas à mémoire de forme, les surfaces trop dures pour le crâne : le bébé étant trop calé, cela limite sa mobilité, son crâne est enfoncé et reste bloqué. Enlevez les planchettes qui raidissent le transat, il deviendra un hamac confortable.

  • Ces solutions ne sont pas des endroits idéaux, ni pour y laisser dormir bébé, ni pour le laisser de longs moments en périodes d’éveils. Ces solutions sont utiles pour le transport de courte durée. S’il dort, mieux vaut le laisser sur le dos sur une surface plate et sécurisée, et s’il est réveillé, variez ses positions sous surveillance et pratiquez la motricité libre.

 

Lors des phases d’éveil, stimuler bébé des deux cotés et éviter les contraintes répétitives
  • Variez les stimuli: ne vous placez pas toujours du même coté de bébé, ne laissez pas toujours les sources lumineuses du même coté. L’idée et de lui faire découvrir tous les champs possibles visuels, pour lui faire tourner la tête dans les deux sens, et ainsi éviter d’écraser le crâne toujours de la même manière. Vous pouvez associer les stimuli visuels aux stimuli auditifs pour capter l’attention de votre bébé.
  • Evitez les stimulations lumineuses au plafond.
  • Quand bébé est sur le dos, placez le mobile au niveau de ses pieds.
  • Si votre bébé est nourri au biberon: alternez la position de bébé et donnez à manger au biberon des deux côtés (bras gauche, bras droit), pour mimer l’allaitement au sein, ce qui diversifie les appuis sur sa tête.
  • Voir plein de super conseils et d’images ici

 

Lors des phases d’éveil, alterner les positions de bébé : dos – cotés – ventre – portage – motricité libre – etc.
  • Mettez votre enfant en position ventrolatérale – sous surveillance parentale: c’est la position la plus physio-« logique ». Dans les cultures non occidentales, c’est la position la plus adoptée.
    Le bébé en latéral a une plus grande partie de son corps sur le support, il est très stable. Et jusqu’à 3-4 mois, le nourrisson est incapable de se retourner s’il est bien calé. Cela évite la position sur le dos, bébé dormant déjà dans cette position.
    Alterner un coté puis l’autre permet aussi de varier les contraintes sur le crâne de bébé.
    C’est une position que bébé adopte facilement, car il vient de passer 9 mois en flexion totale dans le ventre de sa maman, et cette position permet de retrouver cette flexion. Elle permet aussi de calmer bébé en cas de coliques !

    • Utiliser au besoin un cale bébé réglable. Système de coussin qui permet un positionnement latéral en sécurité. Vous pouvez en trouver ici. Sinon, vous pouvez rouler une serviette dans le dos de bébé, et une, placée plus bas que son bras, en avant.
    • Si bébé a déjà la tête déformée, placez-le toujours du côté bombé de la tête.

  

  • Pratiquez le portage physiologique ou portez dans vos bras votre bébé au maximum : cela a pour effet de limiter les temps où la tête de l’enfant est en appui sur une surface (parc, transat, cosy, poussette), cela participe aussi à son éveil et à son développement, et à la relation privilégiée avec le porteur. Culturellement, les petits hommes ont toujours été portés.

 

  • Proposez des temps d’éveil sur le ventre– toujours sous surveillance parentale : procédez par paliers progressifs en fonction de l’âge du bébé, au départ par palier de 10 secondes puis augmentez progressivement. Ce temps est utile et recommandé pour le développement moteur de bébé, cela lui permet de muscler son cou puis ces épaules.

 

  • Alterner avec de la motricité libre, qui favorise le développement moteur et le développement musculaire.

    En cas de déformation positionnelle déjà présente, il conviendra néanmoins de limiter les impacts sur la région qui s’aplatit.
    Variez les positions de bébé. Tout se joue sur la mobilité du bébé et l’éviction des positions bloquées et statiques sur de nombreuses heures.

 

L’alternance des différentes propositions est la clé du succès. Portage dans les bras, sur les genoux, en ventre à ventre, … les possibilités sont nombreuses et évoluent en fonction de l’âge de votre enfant. Tenez compte de sa tonicité et de son bien-être.

 

Attention !

  • Ne portez pas votre enfant sous les bras tant qu’il ne tient pas sa tête, les muscles de ses épaules sont encore trop fragiles. Assurez un soutien par sa base et à l’arrière de sa tête tant qu’il ne la tient pas.
  • Ne pas l’encouragez à se mettre debout tant qu’il ne le fait pas lui-même, même si cela l’amuse.
  • Pas de trotteur ! Dangereux en cas de chute, et trop précoce par rapport à leur développement moteur, leur utilisation incite à marcher sur la pointe des pieds.

 

Avant que bébé ne soit là :

 

La prévention des plagiocéphalies débute aussi AVANT que bébé soit là, car les contraintes qu’il peut subir pendant l’accouchement et la grossesse ont aussi leurs importances.

 

Contraintes liées à l’accouchement et à la grossesse :

 

L’accouchement :

Le déroulement de l’accouchement a aussi un impact sur les déformations crâniennes possibles de bébé. L’accouchement est un moment court mais qui peut être très intense, pour la maman comme pour le bébé ! N’oublions pas que bébé doit sortir d’une manière ou d’une autre, et pour certain, le voyage est plus périlleux.

Un travail long, une dilatation du col difficile, une sortie difficile, une extraction instrumentale (forceps, ventouse), une césarienne favorisent les déformations de la tête par les contraintes sur celle-ci. Si l’accouchement a été difficile, peut être que le bébé était mal engagé dans le bassin, donc déjà en compression, en difficulté, pendant un temps plus ou moins long ou de manière plus ou moins intense. Un bilan ostéopathique – pour le bébé comme pour la jeune maman – après la naissance pourra aider à comprendre et à rectifier ces contraintes.

Être préparée pour son accouchement est primordial, des conseils simples qui changent tout (pour maman comme pour le bébé à naître) peuvent être facilement mis en place – pendant la grossesse jusque dans la maternité. Parlez-en à votre ostéopathe.

 

 

Pendant la grossesse

Bébé est logé pendant 9 mois dans l’utérus de sa maman. Certaines contraintes pendant ce temps peuvent créer de forte tension sur le futur bébé en formation, et parfois créer des difficultés et des contraintes supplémentaires lors de l’accouchement.

  • Si l’utérus est trop petit pour le bébé, celui-ci est comprimé.
  • Si le bébé a trop de place, il peut facilement se coincer en position de torsion, faire des nœuds avec son cordon, ou bien ne pas se fléchir assez.
  • Si l’utérus est cloisonné, bicorne, cela limite encore plus la place du bébé, qui doit se conformer à la place laissée par l’utérus.
  • En cas de chocs – sur le ventre ou ailleurs – d’accident, de chutes, cela peut créer des tensions sur l’utérus, bloquer le bassin, créer des contraintes supplémentaires pour la future maman.
  • Si pendant la grossesse, la future maman est toujours allongée du même côté, ne bouge pas et est complètement coincée, là aussi cela augmente les tensions sur l’utérus et le bébé. Quelques conseils pour y remédier ici.

Dans ces cas-là, c’est maman pendant sa grossesse qui doit être suivi en ostéopathie, pour permettre au bassin et à toute la sphère viscérale d’avoir la meilleure mobilité possible.

 

5.      Les orthèses crâniennes

Lorsque les séances d’ostéopathie et les conseils adaptés à l’enfant ne suffisent pas (à partir de 4 mois et après 2 mois d’ostéopathie et de repositionnement), ou lorsque d’emblée la plagiocéphalie est sévère, il faut envisager le port d’un casque – orthèse crânienne.

En savoir +

Les orthèses fonctionnent en essayant de canaliser la croissance du crâne : en appuyant sur les zones à rediriger et, au contraire, en encourageant la croissance dans les zones qui font défaut, grâce à la présence de « vide » dans le casque à ces endroits-là. Chaque orthèse est fabriquée spécifiquement pour la tête de l’enfant.

 

 

En cas de doute, n’hésitez pas à me contacter.

 

Elodie VIGNOLI